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Activités tactiques pour MM en manque d’inspiration
« Activités Tactiques » est le terme standardisé par l’OTAN pour désigner ce que nous appelons, chez les Canards, des objectifs de mission. Vous trouverez ici des idées et des thèmes de scénarios pour construire une mission autour. Nous explorerons donc les différentes « Activités Tactiques » recensées par l’OTAN dans l’ATP 3.2.1. Cette liste ne sera, bien sûr, pas exhaustive, c’est à dire qu’il sera toujours possible à un Mission Maker d’avoir de nouvelles idées d’activités tactiques pour sa mission.
Un objectif, pour qu’il soit compris, doit être énoncé clairement. Ainsi, une activité doit indiquer ce qui doit être achevé et pourquoi, et se compose d’une activité (par exemple attaque ou défense) accompagnée d’un effet ou d’une tâche tactique (souvent un verbe, par exemple « attaquer pour détruire »). Tout ceci est suivi par les détails spécifiques qui lient l’objectif à l’intention du Haut-Commandement. Par exemple : « Votre compagnie attaquera pour détruire la position ennemi sur l’objectif Amsterdam, en vue de sécuriser le flanc gauche de la compagnie Baker ».
Activités Offensives
Les activités offensives ne sont pas seulement une question de force brute ; ce sont des activités tactiques visant à saisir, retenir et exploiter l'initiative pour imposer sa volonté à l'ennemi. C'est le mode d'action décisif pour briser la résistance adverse.
- Attaque : elle consiste à utiliser la manœuvre et la puissance de feu pour détruire les forces ennemies ou saisir un terrain.
- Exploitation : elle suit généralement l’attaque, le but étant de s'engouffrer dans la brèche crée dans le dispositif ennemi pour en désorganiser l'arrière (logistique, commandement) avant qu'il ne puisse se rétablir.
- Poursuite : il s’agit de l'étape ultime de l’attaque, l'ennemi tentant de s'enfuir ou de rompre le contact. L'objectif est de maintenir une pression telle qu'il ne peut pas se réorganiser, en cherchant l'anéantissement ou la reddition totale de la force adverse.
- Feinte : c'est une attaque avec un contact réel mais limité, le but étant de tromper l'ennemi sur l'emplacement de l'effort principal. On engage l'ennemi pour le forcer à déplacer ses réserves vers le mauvais endroit.
- Démonstration : il s’agit d’une présentation de force sans contact direct avec l'ennemi, le but étant de faire croire à une attaque imminente.
- Raid : c’est une opération de petite ou moyenne envergure avec un objectif très précis (capturer un chef, détruire un pont, libérer des prisonniers…). Cette activité se termine toujours par un retrait planifié une fois l'objectif atteint, sans chercher à tenir le terrain conquis.
- Embuscade : c’est une attaque surprise à partir de positions dissimulées contre un ennemi en mouvement ou temporairement arrêté. Le but est de détruire ou harceler l'ennemi en profitant du volume de feu soudain.
- Reconnaissance en force : il s’agit d’une attaque menée par une unité importante pour déterminer l'emplacement, la force et les intentions de l'adversaire. On force l'ennemi à dévoiler ses positions de tir et ses réserves en l'attaquant sérieusement.
- Briser un encerclement : c'est une opération offensive menée par une force encerclée pour rompre l'anneau ennemi et rejoindre les lignes amies. On concentre toute la puissance de feu sur un point faible du cercle ennemi pour créer une brèche, tout en menant des actions de diversion sur les autres fronts pour masquer l'intention de sortie.
Activités Défensives
Les activités défensives sont souvent perçues à tort comme passives. Dans la doctrine de l'OTAN, la défense est une forme de combat dynamique, exigeante et éminemment stratégique. La défense y est conçue pour briser l'élan de l'ennemi afin de reprendre l'initiative et passer, dès que possible, à l'offensive.
- Défense de zone : c’est une défense dans laquelle on s'appuie sur le terrain (villes, forêts, tranchées) pour interdire l'accès à une zone précise. Le but est de tenir le terrain. Le dispositif est créé en profondeur avec des positions fortifiées mutuellement appuyées. La puissance de feu est utilisée pour briser l'assaut adverse avant qu'il n'atteigne les lignes amies.
- Défense mobile : il s’agit d’une défense dans laquelle on accepte de céder du terrain pour attirer l'ennemi dans une nasse (zone de destruction) avant de contre-attaquer violemment. Une force de fixation légère est utilisée pour canaliser l'ennemi, tandis qu'une force de frappe puissante et mobile (chars, hélicoptères) attend le moment propice pour frapper ses flancs ou ses arrières.
- Action de retardement : c'est l'une des manœuvres les plus difficiles car il s'agit d’échanger du terrain contre du temps. L’objectif est de ralentir l'ennemi, de lui infliger des pertes, mais d’éviter l'engagement décisif afin de ne pas se faire fixer ou détruire. Le combat se mène sur une position, puis le contact est rompu juste avant d'être submergé pour se repositionner plus loin et recommencer.
Activités de Stabilisation
Les activités de stabilisation ne sont pas de simples missions de « maintien de la paix » passives. Il s'agit d'actions tactiques menées pour imposer ou maintenir la sécurité, tout en s'attaquant aux causes profondes de l'instabilité. L'idée est de créer un environnement sûr pour que les autorités civiles (locales ou internationales) puissent prendre le relais. Une coopération avec ces autorités est souvent nécessaires pour mener à bien ces activités. Contrairement à une idée reçue, la stabilisation peut être très violente. L'OTAN utilise souvent le concept de l'approche globale. Un commandant peut devoir mener un combat de haute intensité dans un quartier, distribuer de l'aide alimentaire dans le quartier voisin, négocier avec des chefs de village dans un troisième. C'est ce qu'on appelle souvent la « Guerre des trois blocs ».
- Sécurité et contrôle : rétablir l'ordre public, désarmer les groupes hostiles et protéger les civils. C'est le socle indispensable.
- Soutien à la formation du secteur de la sécurité : former la police et l'armée locales pour qu'elles deviennent professionnelles et respectueuses du droit.
- Soutien aux fonctions de gouvernance : aider (sans remplacer) les institutions locales à fonctionner à nouveau.
- Assistance humanitaire initiale : répondre aux besoins vitaux (eau, nourriture, soins) si les ONG ou les agences civiles ne peuvent pas encore accéder à la zone.
- Soutien au développement économique et des infrastructures : Réparer les ponts, les centrales électriques ou les marchés pour relancer la vie quotidienne.
Activités de Facilitation
Les activités de facilitation sont des activités tactiques dont le but est de joindre, soutenir, ou créer les conditions pour des activités offensives, défensives ou de stabilisation.
- Reconnaissance : c’est une action menée pour obtenir, par l'observation visuelle ou d'autres méthodes de détection, des informations sur les activités et les ressources de l'ennemi, ou sur les caractéristiques d'une zone particulière.
- Sécurité et protection : ce sont les mesures prises pour préserver la liberté de manœuvre de la force principale en l'empêchant d'être surprise et en lui fournissant des alertes précoces.
- Marche tactique : il s’agit du déplacement d'une unité sur le terrain en vue d'un engagement futur. L'accent est mis sur la vitesse de déplacement tout en conservant une formation permettant de réagir rapidement à une attaque.
- Marche au contact : il s’agit d’une opération offensive visant à établir ou rétablir le contact avec l'ennemi. Elle se termine généralement lorsque l'unité engage le combat ou commence une attaque délibérée.
- Brèche et franchissement d’obstacles : c'est l'emploi de moyens (génie, explosifs, chars de déminage…) pour créer un passage à travers un obstacle ennemi (mines, barbelés, fossés antichars…) afin de permettre à la force de poursuivre sa manœuvre.
- Combat de rencontre : cette action de combat se produit lorsqu'une force en mouvement, pas totalement déployée pour le combat, engage une force ennemie, elle aussi souvent en mouvement, et dont on ignorait la position exacte ou le volume.
- Jonction de forces : il s’agit de réunir deux unités amies opérant séparément dans un territoire contrôlé par l’ennemi. Il peut donc être nécessaire de détruire les forces ennemies situées entre les deux unités amies. Cela demande une coordination extrême (signaux de reconnaissance, codes radio) pour éviter les tirs fratricides au moment de la rencontre. C’est en général suivi par un repli, une relève ou un franchissement de ligne vers l’avant.
- Relève d’unité : c’est une opération où une unité est remplacée sur ses positions par une autre unité. La responsabilité du secteur passe de l'une à l'autre tout en maintenant l'intégrité de la défense.
- Désengagement : il s’agit d’une opération planifiée et ordonnée, dont l’objectif est de se désengager de l'ennemi pour préserver ses forces ou se repositionner ailleurs. Elle se fait souvent de nuit ou sous couvert d'une force de protection qui reste au contact pour masquer le mouvement du gros des troupes.
- Repli : c'est un mouvement vers l'arrière alors que l'unité n'est pas en contact direct avec l'ennemi, dans le but de se réorganiser loin du front, se ravitailler ou renforcer un autre secteur.